CONVERSATIONS AVEC JEAN-PIERRE SOISSON

CONVERSATIONS AVEC JEAN-PIERRE SOISSON

Biographies, carnet de route, réflexions ... Paul Bert est au coeur des débats politiques actuels sur l'instruction publique, la morale à l'école et surtout la laïcité ...

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Monday 1 September 2008

Adieu Roland !

Avec Roland DESSENS disparait une personnalité marquante d’Auxerre.
 
Roland était un grand médecin, courant la ville, dévoué, compétent, généreux, emporté aussi mais possédant un diagnostic très sûr.
 
Longtemps, il fut le médecin de l’AJA, celui qui vit notre équipe monter en première division. Au Rugby Club Auxerrois, il était un dirigeant apprécié. Il aimait l’Afrique. Il aimait la mer et c’était un excellent marin.
 
Enfin, il était un ami merveilleux et fidèle.
 
A Nadine, à Philippe et à Emmanuelle, je dis toute mon affection.

Friday 29 August 2008

Fiers d'être Bourguignons !

Les jeux olympiques se sont achevés dimanche 24 août avec une Bourgogne en haut de l’affiche. A Pékin, notre Région est montée huit fois sur le podium, récoltant 20% des médailles françaises. Nous pouvons être fiers de nos sportifs de haut niveau.
 
Trois champions ont obtenu une médaille d’or : en lutte, Steeve Guenot de Labergement-Sainte-Colombe (71), en BMX, Anne-Caroline Chausson de Mâlain (21) et en handball, avec les Experts, Cédric Paty de Châtillon-sur-Seine (21).
 
Trois autres champions ont obtenu une médaille d’argent : en VTT, Christophe Béraud du Creusot (71), en judo, Benjamin Dardelet de Brazey-en-Plaine (21) et en lutte, Christophe Guénot, le frère de Steeve.
 
Enfin, deux champions ont obtenu une médaille de bronze : en canoë, Anne-Laure Viard d’Auxonne (21) et en tir à l’arc, Bérangère Schuh de Brienon-sur-Armançon (89).
 
Seize athlètes étaient engagés dans cette olympiade. Ils ont bien défendu les couleurs de la France et ils ont été les parfaits ambassadeurs de notre Région. Dimanche soir, champions rimait avec Bourguignons. Nous leur sommes reconnaissants des émotions qu’ils nous ont fait partager et nous leur disons tout simplement « Bravo et Merci ».
 
Les élus régionaux UMP

Wednesday 27 August 2008

L'Afghanistan sera-t-il l'Algérie ?

Mardi s’est tenue à l’Assemblée nationale une réunion conjointe des deux commissions de la Défense et des Affaires étrangères sous la présidence du président de l’Assemblée lui-même.
 
L’objet était d’entendre les explications des ministres de la Défense et des Affaires étrangères sur la situation de nos forces armées en Afghanistan. Tous les députés présents à Paris ont assisté à une telle réunion. Les journalistes étaient presque aussi nombreux qu’eux…
 
Pour moi, une conclusion s’impose : nous assistons en Afghanistan au retour d’opérations de guerre comme l’armée les a connues en Algérie, avec tous les risques qu’une telle situation comporte, notamment la mort d’hommes.
 
Une « guerre de contre-insurrection » est la plus difficile à mener. Car on ne peut lutter contre une insurrection uniquement par des moyens militaires. Le soutien de la population est nécessaire : nous ne l’avons que partiellement.
 
A écouter le ministre de la Défense évoquer la « pacification », la « formation de commandos », la « création de pôles locaux de développement », je revivais mes années d’Algérie, où j’ai servi de juin 1957 à septembre 1959 comme chef du commando du troisième régiment de Chasseurs d’Afrique. Les images projetées à la télévision me rappellent l’Atlas Blidéen. Elles me renvoient à cette hantise de l’embuscade, évoquée par le général Georgelin, que j’ai connue en Algérie et que nos troupes connaissent en Afghanistan.
 
De l’audition des deux ministres, deux observations peuvent être tirées.
 
-         Nous devons renforcer nos moyens d’observation et de renseignement.
 
-         Nous avons besoin en Afghanistan de « forces spéciales » qui seraient chargées de conduire ce que nous appelions en Algérie la guerre psychologique.
 
Nous avons également besoin de renforcer l’armée afghane, avec le risque – que j’ai soulevé devant les deux ministres - de l’infiltration de l’armée régulière par les talibans. Là encore, un souvenir m’obsède : la rébellion en novembre 1957, dans mon poste de La Platrière, de la harka constituée quelques mois auparavant. Nous avons du tenir, deux Européens seuls, toute une nuit contre les hommes passés du côté des rebelles.
 
Bernard Kouchner l’a évoqué avec force : la solution en Afghanistan n’est pas seulement militaire, elle est aussi, et plus encore, politique. Il n’est pas question pour l’instant d’envoyer des moyens militaires accrus. Mais il s’agit de mieux coordonner l’action des forces alliées et de conduire une action diplomatique plus intense.
 
François Bayrou me le confiait à la sortie de la réunion : « tout çà sent terriblement l’Algérie ! »
 
 L’Assemblée nationale, lors de la première séance de rentrée, le 22 septembre prochain, débattra et se prononcera par un vote sur la présence de soldats français en Afghanistan. Un tel vote est rendu possible par la récente révision de la Constitution ; ce sera d’ailleurs sa première application.
 

Wednesday 2 July 2008

Mardi, l'Europe à l'Assemblée nationale

A l’occasion du début de la présidence française de l’Union européenne, le groupe de l’UMP a accueilli à l’Assemblée les représentants des 26 autres pays de l’Union.
 
Atmosphère très libre, discussion sans langue de bois, les positions des uns et des autres ont été débattues. Nous avons tous déploré la fracture entre les populations et les dirigeants de Bruxelles. Certains ont même estimé qu’il ne fallait plus recourir au référendum, jugé « trop dangereux ». Les Tchèques et les Polonais ont expliqué les difficultés qui s’opposent chez eux à la ratification du traité de Lisbonne, notamment en raison des positions personnelles de leurs présidents. Or, les Tchèques vont assumer après la France, le 1er janvier 2009, la présidence de l’Union.
 
Tous, nous avons souhaité que l’Europe puisse fonctionner autrement et que la présidence française soit l’occasion d’une nouvelle donne consacrée pour l’essentiel à la solution de problèmes concrets : la limitation de l’immigration, la lutte contre le réchauffement climatique, la mise en œuvre d’une politique commune de l’énergie, la réforme de la politique agricole commune.

Comment limiter la hausse du prix de l’essence et abaisser pour ce faire la fiscalité sur les carburants ? Les pays de l’Est et, dans une certaine mesure, l’Allemagne refusent l’abaissement de la TVA souhaité par Nicolas Sarkozy : « Nous n’avons pas de politique commune envers la Russie, les pays du Moyen-Orient, les pays du Maghreb. Vous, Français, vous traitez avec ces différents pays de façon bilatérale ». S’agissant du nucléaire, l’Allemagne et l’Autriche le refuse. La Bulgarie dépend à 100% de la Russie : elle souhaite être davantage protégée.
 
S’agissant de l’Union de la Méditerranée, l’Allemagne, la Pologne, la République Tchèque, souhaitent une union pour la Méditerranée et non pas une union de la Méditerranée : « Ne changeons pas de politique : nous intéresse l’Union de l’Europe et non pas celle de la Méditerranée … »
 
Pour la politique agricole commune, tous sont inquiets des négociations conduites dans la cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce. Pour les Polonais, la PAC est essentielle : sans elle, l’Union européenne ne présente plus aucun intérêt.
 
Nos partenaires veulent-ils une politique européenne de la défense ? La Finlande, la Grande-Bretagne, les pays de l’Europe de l’Est ont marqué leur attachement à l’OTAN. Ils font confiance aux Etats-Unis, ils ne font pas confiance à la France et à l’Europe pour assurer leur défense. Au terme de cette rencontre, ma conclusion est claire : il ne peut y avoir de défense européenne qui ne s’appuie pas sur l’OTAN et sur une étroite collaboration avec les Etats-Unis. L’Irlande, par exemple, ne veut pas de politique européenne de défense, ne veut pas d’une politique sociale, a peur qu’on lui impose une libéralisation de l’avortement…
 
Mardi matin, avec nos partenaires du Parti populaire européen, à l’initiative de Jean-François Copé, le président du groupe UMP, nous avons créé le « Club des 27 », qui rassemblera les élus de droite et de centre droit de l’ensemble des pays de l’Union européenne. Des rencontres régulières auront désormais lieu entre nous, afin de peser directement sur les décisions de Bruxelles, avant même que celles-ci soient prises.

Thursday 19 June 2008

L'EUROPE AUTREMENT

Quelles leçons tirer du scrutin irlandais ? J’ai la conviction que, si les Français avaient été consultés par référendum, ils auraient voté comme les Irlandais. Contre une gestion technocratique des dossiers trop éloignée de leurs préoccupations. Contre une commission brouillonne et souvent incompétente : le commissaire Irlandais a indiqué, durant la campagne référendaire, qu’il n’avait pas lu le traité de Lisbonne – qu’il était censé défendre ! Il devait donner sa démission. De même, le président de la Commission aurait du faire le geste de présenter la sienne. Elle n’aurait pas été acceptée, mais haec est mea culpa : cela aurait été un bonheur de l’entendre !
 
Les dirigeants européens – du Conseil comme de la Commission – ne savent plus s’exprimer de façon intelligible : le désaccord entre eux et la population est désormais flagrant. Les directives de Bruxelles sont illisibles, souvent inappropriées, laissant de côté l’essentiel - du moins, ce que les peuples jugent comme tel.
 
Le groupe UMP de l’Assemblée nationale, par la voix de son président Jean-François Copé, a demandé à participer à l’élaboration en amont des règles communautaires, avec la possibilité de refuser certains projets et de peser sur les orientations et la rédaction de directives qui lui paraîtraient répondre davantage à l’attente des citoyens. Combien de référendums faudra-t-il encore perdre pour comprendre le décalage « abyssal » qui existe désormais entre l’Europe que nous voulons et sa perception par les citoyens ?
 
Nous avons le devoir de poursuivre autrement la construction européenne. Une renégociation du traité à 27 est inenvisageable et, à 26, elle apparaîtrait comme une parodie de démocratie. La voie institutionnelle, que nous nous sommes usés à frayer, est condamnée : un nouveau traité ne verra pas le jour.
 
Cependant, nous ne sommes pas voués à l’inaction. Nicolas Sarkozy n’est jamais meilleur que lorsqu’il affronte la difficulté. Assurant la présidence de l’Union, il doit affirmer une volonté commune autour de quelques priorités : relevé le défi climatique, définir une stratégie de l’énergie, contrôler l’immigration, - bref, faire de l’Union, selon l’expression de Hubert Védrine, « un pôle régulateur de la mondialisation ».
 
Il nous faut retrouver l’ardeur des bâtisseurs des premiers jours, mais autrement, montrer aux peuples d’Europe que l’Union peut encore servir. C’est la vieille interrogation de Macbeth : « Etes-vous quelque chose que quelqu’un puisse interroger ? » S’offre à Nicolas Sarkozy une chance d’éviter la dislocation de l’Union et le retour en force des conservatismes de toute nature.

La réforme des Armées

La réforme des armées est nécessaire. Elle a été présentée par le Président de la République sur la base d'un libre blanc.

J'ai participé à la réflexion comme membre de la commission de la défense avec cette évidence qui s'impose à tous, y compris aux parlementaires de la majorité : la politique de la défense ne peut être réduite à une politique d'aménagement du territoire. Si nous voulons une défense moderne, adaptée au temps présent, les décisions qui sont prises - ou qui vont l'être - ne doivent répondre qu'à cette logique.

Wednesday 28 May 2008

La réforme des institutions

  
L’Assemblée nationale poursuit cette semaine le débat engagé la semaine dernière sur la réforme de la Constitution. Après avoir participé lundi à Dijon à la commission permanente du Conseil régional, je suis intervenu à Paris dans la soirée à l’Assemblée sur l’article 9 du projet de loi concernant l’extension des pouvoirs du Parlement.
 
C’est le point fort de la réforme. Dès lors que les réformes constitutionnelles précédentes et la pratique ont renforcé les pouvoirs du président de la République, il est devenu nécessaire d’accroître ceux du Parlement.
 
Michel Debré a défini les structures des institutions de 1958 en une phrase: « un chef de l’Etat et un Parlement séparés encadrant un gouvernement issu du premier et responsable devant le second ».
 
Il nous faut donc développer les pouvoirs de l’Assemblée nationale : celle-ci doit non seulement voter la loi, contrôler le Gouvernement, mais aussi évaluer les politiques publiques.
 
Sur le plan politique, la réforme de la Constitution devra être adoptée par le Congrès à la majorité des trois cinquièmes. Elle doit donc être approuvée par des députés socialistes. Pour les conduire à la voter, nous devons adopter un certain nombre de leurs propositions.
 
J’ai ainsi voté l’amendement d’Arnaud Montebourg tendant à interdire le cumul entre une fonction ministérielle et un mandat de maire d’une commune de plus de 20 000 habitants, de président de Conseil régional ou de Conseil général.
 
Les débats se déroulent dans un esprit de dialogue : ils sont le plus souvent d’une grande tenue intellectuelle. J’espère que l’Assemblée parviendra à voter un texte qui réponde aux besoins d’une démocratie moderne.
 

Wednesday 30 April 2008

Le dialogue social avant la loi

Tout ne va pas si mal ! Le Parlement a adopté hier le projet de loi sur la modernisation du marché du travail, élaboré à la suite d’un accord conclu entre les partenaires sociaux, syndicats salariés et syndicats patronaux. Il prend en compte, dans une séparation à l’amiable, à la fois les contraintes des entreprises et les besoins légitimes des salariés.
 
Depuis un an, le dialogue social a retrouvé sa vitalité dans notre pays. C’est une victoire d’avoir réussi ce tournant dans notre vie sociale. Comme l’a indiqué le rapporteur : « puissions-nous sortir du cycle si paralysant qui fait se succéder évolutions, protestations, réformes et mouvements sociaux ».
 
Le Gouvernement, les partenaires sociaux, le Parlement, ensemble ont ainsi façonné un nouvel équilibre entre flexibilité et sécurité. L’instauration d’une « flexicurité » à la française trouve enfin sa première manifestation concrète.
 
Les socialistes se sont abstenus. Les communistes ont voté contre le texte, désapprouvant la méthode qui consiste à transcrire « à la virgule près » un accord qui découle du dialogue social, au motif « qu’une telle restriction des prérogatives des députés est inacceptable ».
 
Pourtant, les partenaires sociaux ont fait la preuve qu’ils étaient capables de trouver eux-mêmes les solutions les mieux adaptées aux problèmes qui les concernent au premier chef. Les réformes les plus durables et les plus efficaces sont celles qui jouissent de la plus grande légitimité. A la légitimité des partenaires sociaux, initiateurs de l’accord, s’est ajoutée la légitimité de la représentation nationale.
 
Les députés ont apporté un démenti à la CGT qui pensait que le texte sortirait du Parlement taillé en pièces et dénaturé. Il n’en a rien été.
 
Cette procédure – prévue par la loi du 31 janvier 2007 qui renvoie tout texte de nature sociale à la négociation préalable des partenaires sociaux – trouvera à nouveau son application lorsque viendra la réforme sur la représentativité syndicale.

Friday 25 April 2008

Humble et responsable

Nicolas SARKOZY est apparu, hier, humble et responsable. Il a reconnu avoir commis des erreurs. Il est désormais à l’écoute des Français.
 
« Les Français sont déconcertés. J’en ai une part de responsabilité. »

Il y a de la grandeur dans cette nouvelle attitude. Nous devons espérer que l’acte II de la présidence qui s’est ouvert hier, soit plus prometteur.
 
Le Président a refusé d’évoquer sa vie privée : elle le concerne seul. C’est son action publique que les Français devront juger. Il s’est montré sévère aussi à l’égard des dysfonctionnements du Gouvernement. Il a pardonné aux jeunes ministres leur incompétence, mais demain il sera moins tolérant.
Enfin, il a affirmé que l’idée d’une réélection en 2012 était « très éloignée de ses préoccupations ». J’ai trouvé cette analyse de la situation très personnelle et très convaincante.
 
Le choc de confiance qu’il attendait ne s’est pas produit en raison de l’augmentation du prix du pétrole, de la hausse des matières premières, de la crise financière internationale. Aucune nation n’est assurée de jouer en première division. Si la France ne consent pas aux efforts nécessaires, la relégation peut demain l’atteindre.
 
Il a reconnu la gravité de la situation internationale qu’il avait sous-estimée lors de son élection. Il a adopté une posture présidentielle pour évoquer les relations avec la Chine, la présence de la France en Afghanistan, l’opposition à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.
 
Sur les réformes, il persiste et il signe. Il accepte l’impopularité, il ne renonce pas à la mise en œuvre de son programme. Bien au contraire.
Qu’il s’agisse de l’immigration choisie et non subie, de la réforme de l’Education nationale où la qualité doit primer sur la quantité, de la réforme des retraites et de l’assurance chômage, de la mise en place du revenu de solidarité active, enfin du respect des conclusions du Grenelle de l’Environnement, le Président maintient le cap.

Wednesday 23 April 2008

La rude année de Nicolas Sarkozy - Par Jean D'Ormesson dans le Figaro du jour - Extraits ....

 

Lisez le Figaro, sur papier ou en ligne. L'article de Jean D'ormesson est remarquable. En voici quelques extraits :

Après quatre années d'ascension sans une faute, trois séries d'évènements ont contribué à un retournement digne d'une tragédie grecque... Nicolas Sarkozy est responsable des deux premières, la troisième est à sa décharge.

1 - La vie privée, le style... Tout ce qui a été ramassé sous l'étiquette meurtrière de "bling-bling"... Dans le domaine privé au moins, la modernisation n'a pas marché... Chez ce réformateur plus intelligent que les autres, il n'y avait pas assez de cassoulet, d'hypocrisie ... de culture traditionnelle. Au sommet du pouvoir, il est risqué de vouloir être heureux de le faire savoir.
2 - Les ratés incompréhensibles de la machine du Gouvernement. .. Le souvenir des enfants juifs, les OGM, les sectes, la villa Médicis, les querelles subalternes au sein de l'exécutif. Les allers et retours et le rattrapage permanent de gaffes de débutant...

3 - Le président n'a pas de chance... la crise financière, le prix du pétrole, la récession en Amérique, la baisse du taux de croissance, le dollar trop bas et l'euro trop élevé. Tout ce qui échappe au pouvoir de l'Etat et s'impose à lui du dehors. Réformer est toujours difficile, surtout en France. Réformer dans un contexte économique défavorable est une tâche infernale...

Dans cette triple tempête existentielle, politique, économique, les esprits se déchaînent. On dirait qu'ils se vengent, après coup, auprès du président qu'ils ont élu de leur soutien massif au candidat triomphant. Au taux de participation record et à la majorité substancielle succèdent les abîmes de l'impopularité...

Cette tempête-ci est violente. Tout ce que Sarkozy a réussi est compté pour presque rien. Le chômage a baissé, mais tout le monde maintenant semble s'en soucier comme d'une guigne. L'Europe est remise modestement sur les rails, mais personne n'en parle plus...

Il reste quatre ans sur cinq pour renverser la vapeur. La chance de Sarkozy est que la crise est arrivée trop tôt... Il aurait dû, dès le début, promettre de la sueur et des larmes au lieu de promettre aux autres comme à lui-même du bonheur plein la vie... Il faut maintenant poursuivre les réformes à la fois dans la crise mondiale et l'impopularité nationale... C'est le prix à payer pour une place dans l'histoire.

Monday 21 April 2008

La réforme pour les autres

L’air à la mode, c’est la réforme. Comment faire la réforme ? Quelle réforme choisir ? Chacun y va de son couplet, sans naturellement trouver de solution.
 
Mais chacun veut aussi et d’abord préserver ses intérêts. En France, c’est bien connu, la réforme, c’est pour les autres, c’est pour la nation. La nation devient une notion commode pour éviter le couperet de décisions qui vous seraient néfastes.
 
Dans ces conditions, comme le Général de Gaulle le disait de l’Orient, je crois qu’il faut revenir à des idées simples.
 
La Vème république est une monarchie républicaine. Le président de la République est l’homme en charge de l’essentiel. Il gouverne. Et il gouverne selon son tempérament et selon aussi le programme qu’il a proposé aux Français.
 
Ces derniers ont beaucoup aimé le candidat Sarkozy - moins le président quand il veut mettre son programme en application. Pourtant, le temps des réformes est venu, même si elles doivent déplaire.
 
Il faut passer aux actes, poursuivre et achever la réforme des retraites, adapter le droit du travail en le simplifiant et en le libéralisant, conduire la réforme des hôpitaux, tout cela dans un contexte général de réduction des dépenses. La France vit au-dessus de ses moyens.
 
Heureusement, l’Europe existe pour nous rappeler au respect des règles communautaires. Nous ne pouvons pas prendre la présidence de l’Union et nous comporter comme si celle-ci n’existait pas. Nous ne pouvons demain diriger l’Europe et ne pas nous appliquer à nous mêmes les règles que nous voudrions imposer aux autres. Il faut donc réduire les dépenses, celle de l’Etat, celles des collectivités locales, celles de la sécurité sociale. Jacques Attali, même en allant un peu loin, a montré la voie juste. Il faudra un jour revoir la répartition des compétences entre les régions et les départements et sans doute supprimer un échelon d’intervention. Il faudra réduire les dépenses militaires et les rendre plus efficaces afin de maintenir notre dispositif d’intervention à l’étranger. Ce sera donc la fin des délégations militaires départementales qui ne servent à rien. Bien évidemment, il faut réduire le nombre des enseignants. Quand le nombre d’élèves diminuent, ce n’est pas le moment d’accroitre, par je ne sais quel jeu de vases communicants, celui des enseignants. Tout cela fera mal. Très mal. Mais je souhaite que cela se fasse. Que Nicolas Sarkozy aille au bout de son chemin. Celui de la réforme qu’il a proposée aux Français, qu’ils ont acceptée et que le pays attend.

Friday 18 April 2008

J'ai bien connu Aimé Césaire

J'ai eu l'honneur de siéger à ses cotés à l'Assemblée nationale, puis de le retrouver souvent à Fort de France, comme délégué de l'UDF à l'Outre Mer.

Dans ses dernières années, quand il venait à Paris, Césaire travaillait à la bibliothèque de l'Assemblée nationale. Il s'installait à la table que j'occupe habituellement, il me conseillait et m'aidait dans mes recherches. Je revois encore son beau sourire. Je garde précieusement ses livres, qu'il m'a dédicacés : "à mon jeune ami".

Toute ma vie, je me rappellerai l'entretien qu'il eut avec Raymond Barre à la mairie de Fort de France avant l'élection présidentielles de 1988. Barre et lui s'étaient définis comme deux "iliens" : ils développaient l'idée que les cultures de la Martinique et de la Réunion étaient marquées par le fait essentiel qu'elles concernaient deux iles. L'un et l'autre étaient ouverts sur l'extérieur, sur la mer, sur la diversité culturelle. Soudain, à les écouter -parfois en latin-, la politique française n'avait plus grand sens : ils abordaient les rivages d'une culture humaniste, universelle, faite de dépassement de soi et d'ouverture sur les autres.

De leur entretien à Fort de France, de nos discussions à la bibliothèque de l'Assemblée, me remonte à la mémoire le souvenir d'un homme rayonnant. Un seigneur de l'esprit.

Wednesday 9 April 2008

HOLLANDE OU LA CONFESSION DE TARTUFFE

Mardi à l’Assemblée nationale, point d’orgue de la semaine : les groupes socialistes et communistes ont déposé une motion de censure sur la question afghane.
 
François Hollande, à la tribune, s’élève contre l’envoi de nouvelles troupes en Afghanistan et regrette l’absence d’un vote du Parlement autorisant une telle opération. Il dénonce une « dérive atlantiste » qui conduirait la France à se rapprocher de plus en plus des Etats-Unis. François Fillon lui répond en rappelant que ce fut Lionel Jospin qui, en 2001, prit la décision d’envoyer les premières troupes françaises en Afghanistan. Cette décision n’avait donné lieu à aucun vote. De même, lorsque nous sommes intervenus au Kosovo en mars 1999, Lionel Jospin annonça à l’Assemblée la participation de nos armées à l’opération menée par l’OTAN contre la Serbie, alors que la guerre était déjà engagée.
 
Et François Fillon de citer François Mitterrand qui fut, lui aussi, accusé d’atlantisme lorsqu’il approuva l’installation en Europe de fusées américaines Pershing. C’était en 1983 : « On m’a accusé de soumission aux desseins de M. Reagan. L’atlantisme comme péché. Voilà Tartuffe qui se confesse ! ».
 
Nous souhaitons créer une Europe de la défense, en liaison avec les Etats-Unis, car telle est la volonté de nos alliés européens. « La France est un ami debout, un allié indépendant, un partenaire libre. » Ce sont les mots employés par Nicolas Sarkozy lors de son intervention devant le Congrès des Etats-Unis en novembre dernier. Les présidents de la Ve République n’ont jamais transigé sur cette donnée de base de la politique française.
 
Le vrai problème posé par le débat sur la motion de censure cette semaine à l’Assemblée nationale est celui des moyens que se donne la France pour demeurer une puissance mondiale. Avons-nous toujours l’ambition de jouer un rôle de premier plan dans le monde ? Et quels moyens entendons-nous consacrer à une telle mission ?
 

Wednesday 2 April 2008

Le dialogue social prime la loi

A l’Assemblée nationale, mercredi dernier, s’est tenue une réunion passionnante entre les députés du groupe UMP et les partenaires sociaux – syndicats ouvriers et patronaux.
 
Ces derniers sont venus commenter l’accord sur la modernisation du contrat de travail qu’ils ont signé. Ils nous ont demandé de le transcrire dans la loi, « à la virgule près » a précisé le représentant de la CFDT.
 
C’est une véritable rupture dans l’histoire des relations du travail : désormais, le contrat prime la loi. Désormais, les partenaires sociaux recherchent un accord et, ensuite seulement, le Parlement intègre l’accord dans la législation.
 
Cette règle était déjà appliquée dans la plupart des pays européens. En France, jusque là, beaucoup trop a été demandé à la loi : ainsi, Martine Aubry a institué les 35 heures, en demandant à sa majorité socialiste et communiste de voter un projet de loi, sans passer par la phase nécessaire du dialogue social.
 
Le contrat doit primer la loi. C’est la conséquence de la loi que nous avons votée lors de la dernière législature en janvier 2007 et qui marque un véritable tournant. Il faut accepter de réserver le temps, de ne pas brusquer, de traiter les sujets les uns après les autres, et de permettre aux partenaires sociaux de trouver un accord avant toute discussion législative.
 
C’est ce que nous avons décidé ensemble mercredi dernier. Certains députés s’estimeront sans doute frustrés de ne pouvoir présenter tous les amendements qu’ils souhaiteraient.
 
Mais telle est la loi des avancées sociales. La nouvelle loi que nous voterons reprend un sujet essentiel : l’évolution du contrat de travail et la création d’une nouvelle modalité de rupture du contrat par voie conventionnelle.

Wednesday 26 March 2008

Faut-il boycotter les jeux de Pékin ?

La question a été longuement évoquée à l’Assemblée nationale mardi dernier lors de la séance des questions au Gouvernement.

 

Au nom de l’UMP, Lionnel Luca, qui préside à l’Assemblée le groupe Tibet, a témoigné de notre « soutien au peuple tibétain, victime d’une répression impitoyable ». Dans sa réponse, Bernard Kouchner a rappelé la position de la France de défense des droits de l’homme. Il a évoqué « nos amis chinois » : le peuple chinois peut être notre ami, le gouvernement chinois, non !

 

Pour ma part, je ne suis pas favorable au boycott, du moins au boycott par les sportifs. Comme ministre de la Jeunesse et des Sports, j’ai vécu la crise des jeux olympiques de Moscou en 1980. L’Union soviétique avait envahi l’Afghanistan en décembre 1979 et les Etats-Unis avaient alors décidé le boycott des Jeux. Quelle fut la position de la France ? Laisser le mouvement sportif, dans le cadre de l’autonomie que je lui avais reconnue, libre de sa décision. C’est à Auxerre, à l’Hôtel Ribière, au printemps 1980, que le Comité national olympique, réuni sous la présidence de Claude Collard, a décidé de participer aux Jeux de Moscou.

 

Mais, séparant le plan sportif et le plan politique, je ne suis pas allé à Moscou et aucun représentant du Gouvernement français n’a participé à la cérémonie d’ouverture. Cette solution pourrait à nouveau prévaloir pour les Jeux de Pékin. Nicolas Sarkozy s’est dit prêt à faciliter le dialogue entre la Chine et le chef spirituel des Tibétains, tout en déclarant que toutes les options étaient ouvertes, y compris un boycott de la cérémonie d’ouverture.

 

Puisque le Gouvernement chinois hausse le ton en accusant les médias de déformer la réalité au Tibet et en fustigeant les pays qui accepteront de recevoir le Dalaï Lama, puisque le porte-parole du ministre chinois des Affaires étrangères a fait cette déclaration - invraisemblable et inacceptable : « Nous devons nous en tenir à l’esprit olympique et ne pas politiser les Jeux », il me parait utile de rappeler le précédent de 1980 : les athlètes oui, les politiques non !

 

                                                                  Jean-Pierre Soisson