Je souhaite vous faire partager la contribution d'un maire de ma circonscription à la réflexion globale sur la réforme des collectivités locales.
"La superposition des collectivités territoriales pèse d'une part sur les finances et donc les impôts et d'autre part sur la réactivité et la pertinence des décisions. En entreprise, nous parlons souvent de seuil critique de rentabilité, cela peut être également vrai pour les collectivités. Hélas, c'est un argument que l'on entend pas. Un exemple : Refaire une route sur 3 km, aménager des caniveaux dans une rue, réaliser des petits travaux de réfection : Nous n'obtenons que des propositions onéreuses des entreprises ou pas de proposition du tout : nous ne les intéressons pas pour réaliser des "bricoles" de ce type.
Le maire est responsable de tout et doit, en tant que premier magistrat, faire régner l'ordre. Dans les faits, on doit trouver des compromis dans des différents qui opposent les administrés et, puisque c'est un compromis, les deux parties en veulent au maire.
Les communes doivent apporter un certain service à leurs habitants, mais nous n'avons pas les moyens d'avoir un cantonnier à plein temps, ni une secrétaire. Nous adhérons à de nombreux groupements, syndicats qui ont un rôle à jouer mais qui deviennent éloignés des problèmatiques de la vie communale. Lorsque nous accueillons un nouvel habitant et qu'il faut assurer le ramassage des ordures ménagères, il faut le signaler au secrétaire, au cantonnier, à la communauté de communes, au syndicat, à l'entreprise : résultat, il faut cinq semaines avant que les poubelles soient ramassées et de violentes prises à parti par le nouvel habitant... Trop d'interlocuteurs pour un besoin tellement courant !
L'échelon de proximité pertinent serait la communauté de communes. La gestion serait plus économe, les conflits de voisinage plus éloignés, la programmation des travaux mieux organisée avec plus de poids vis à vis des entreprises, la réalisation et le contrôle par la préfecture d'un seul budget plus rationnel et économe en temps pour tous : bref, des collectivités de 3 000 à 5 000 habitants, composées d'un représentant des "futures anciennes communes", permettraient de mieux répondre aux problématiques financière, d'équité, de lisibilité, de réactivité."
Il serait temps que les députés, de droite comme de gauche", entendent le bon sens des maires des communes rurales.